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 Pâquerette effeuillée, le cœur en est resté,
Trop seul, vite envolé, vers un sillon perlé.
La tige jalouse, outrée, est aller se planter,
Vengeresse, décidée, sous un ventre bronzé.
Le bouton transformé, en rose change l’or
Sans effluve, fermé, ici le bouton dort.
Alanguie, reposée, la triste tige courbée,
Pleure à larmes salées ses pétales effeuillés.
La corolle dispersée, grâce au vent s’est collée,
Pétales éparpillés, sur des lèvres posés.
Les amants allongés soudain se sont tournés.
Tête-bêche placés, ils se sont embrassés.
Sur la tige dressée, le bouton réveillé,
Les pétales décollées, très vite déposés.
La fleur est partagée, encore en deux moitiés.
Par ces baisers lassés, les amants déchaînés,
Se sont réorientés, face à face plaqués.
Le danse est commencée, bientôt accélérée,
De deux corps exaltés, une pâquerette est née .

La Pâquerette.
Par Honoré Harmand
Loin du bruit, vivant ignorée Je suis la fleur, chère aux amants Et que cueille la bien aimée Dans les jours heureux du printemps
Ma tige fragile et légère Se balance au souffle du vent Comme se berce une chimère Dans les rêves d'un jeune enfant
Mon nom aisément se devine Je vis modeste dans les champs Mes pétales couleur d'hermine Semblent de grands papillons blancs
Je suis le symbole suprême Le grand conseiller des amours Et l'on m'admire quand on aime En effeuillant mes beaux atours
J'explique aux amants le problème Qui se cache aux yeux des jaloux Quand mon pétale dit je t'aime Les coeurs méchants se font plus doux
Parfois de trompeuses chimères Tout bas soupirent un aveu Les douleurs semblent moins amères Quand mon pétale dit « un peu »
Il est des jours dans l'existence Où le bonheur vient tout à coup Apportant avec l'espérance Le doux murmure du « beaucoup »
Dans les heures qui passent brèves Au sein de mon isolement Sous la caresse des beaux rêves On aime « Passionnément »
Mais dans le ciel de gros nuages Jettent parfois l'obscurité Sur le grand livre aux belles pages L'oubli souvent s'est arrêté
Alors tristement on me cueille On me méprise un peu partout C'est la colère qui m'accueille Quand on arrache un « Pas du tout »
Je suis le symbole suprême Le grand conseiller des amours Et l'on m'admire quand on aime En effeuillant mes blancs atours
 Le temps est bien frileux Disait une pâquerette L'hiver emméne disette Les arbres sont malheureux.
Sauvage mais bien fragile Ma tite écharpe je met. Les autres fleurs ont fanés. Je ne suis pas docile.
Moi. Je résisterai. Le froid me fait pas peur. Et mon écharpe je met.
Je vous souhaite à tous
une bonne semaine
remplie de petits bonheurs.
Gros bisous
Yvye
L'amitié est un chemin où on voyage à plusieurs
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